La CCI France Suisse prend ses mesures – Interview de Romain Duriez

Face à la crise sanitaire qui sévit actuellement sur notre territoire, l’économie tout entière vacille. En effet, les mesures dictées par le Conseil Fédéral pour la protection de la population ne sont pas sans conséquences pour les entreprises suisses, en particulier pour les indépendants et les petites PME, qu’en est-il de la CCI France Suisse ?

La CCI France Suisse est également fortement impactée et a dû prendre ses mesures afin de permettre la continuité de son activité malgré cette situation extraordinaire. Association suisse à but non lucratif et d’utilité publique, 100% autofinancée, nous connaissons aujourd’hui une baisse importante de notre activité notamment due à l’annulation ou le report de ses manifestations, opérations commerciales et délégations économiques jusqu'au 30 avril au moins, par ailleurs et pour bon nombre d’entreprises françaises et suisses que la CCI France Suisse sert dans leur accès et leur développement sur les deux marchés, l’export n’est de loin pas la priorité du moment et cela risque de perdurer fortement même suite à la fin de la crise sanitaire.

Quelles sont les mesures qui ont été prises par la CCI France Suisse ?

la CCI France Suisse a dès le 2 mars enjoint l’ensemble de collaborateurs à privilégier le home office et à reporter au maximum les réunions agendées ou les virtualiser.

Par ailleurs et afin de préserver l’ensemble des emplois au sein de la CCI France Suisse (13 équivalents temps plein), un plan de réduction de l’horaire de travail (RHT) de 60% a été mis en place dès le mercredi 18 mars 2020 et ce jusqu’à nouvel ordre ; en outre les 3 stagiaires qui étaient occupés dans nos bureaux de Zurich et Bâle ont vu leur période de stage résiliée de manière anticipée, l’encadrement n’étant plus assuré du fait du home office généralisé et de la baisse d’activité très brutale.

Les collaborateurs travaillent depuis cette date exclusivement en matinée pour un total de 16 heures par semaine. Un dossier de préavis de réduction de l’horaire de travail a été déposé auprès de l’Office cantonal de l’emploi et devrait permettre aux employés de toucher 88% de leur salaire actuel, 80% des 60% du salaire chômé étant perçu en sus des 40% effectivement presté et payé par la CCI France Suisse.

Est-ce que cela a des effets sur l’organisation et le management de la structure ?

Travailler moins et ce dans un cadre peu habituel pour certains ; le home office est en effet de rigueur pour la quasi-totalité des collaborateurs et a des impacts forts sur l’activité de l’entreprise. Les rendez-vous physiques sont, jusqu’à nouvel ordre, transformés en visio-conférence ou reportés. Toutefois, pour assurer une permanence téléphonique tous les jours de 08h30 à 12h30, le responsable administratif et financier de la CCI France Suisse, qui habite à proximité des locaux est présent sur site 4 matins par semaine, moi-même y suis également présent 2 matins par semaine.

Afin que cet isolement n’impacte pas trop l’esprit d’équipe et la collaboration entre collègues qui font la force de la CCI France Suisse, les outils nécessaires ont été déployés pour permettre aux collaborateurs d’optimiser leurs échanges et ce malgré la distance. Visio-conférences, messagerie instantanée, groupes de travail sont autant de moyens appréciés en interne pour le maintien du lien social et la poursuite des activités.

Au quotidien, comment s’organise l’activité ?

Chaque lundi se tient une séance à distance du comité de direction au travers l’outil MS Teams afin d’évaluer la situation, organiser la charge de travail et prendre les mesures adéquates en fonction de l’évolution. Il est alors transmis, chaque semaine, aux collaborateurs un plan de travail précisant les différentes tâches à réaliser par chacun. Actuellement, l’équipe de la CCIFS se concentre essentiellement sur des questions de fond afin de préparer au mieux la reprise et retrouver ses membres, ses partenaires et ses clients dans les meilleures conditions bien sûr mais aussi vraisemblablement avec de nouveaux paradigmes pour nos économies et nos modes de vie, car il y aura à n’en pas douter un avant et un après COVID-19…