Portraits
Julien Esch - Losinger Marazzi

Découvrez notre portrait du mois de janvier 2026 consacré à Julien Esch
Julien Esch – Losinger Marazzi
Directeur de l’agence de Lausanne et membre du Comité exécutif de Losinger Marazzi, Julien Esch incarne une vision engagée et contemporaine du métier de développeur et de bâtisseur, qui se doit de concevoir, transformer et construire durablement. Fort d’un parcours international, il met aujourd’hui son expertise au service de la transformation durable des territoires et du développement de la ville de demain, conciliant exigence environnementale, qualité d’usage et performance économique.
Portrait Express
Quelles sont vos passions en dehors du travail ?
J’aime me retrouver dans les montagnes, en famille et entre amis, et partager diverses activités. Je pourrais entre autres exemples citer le bonheur simple de déguster une fondue au fromage au feu de bois, en plein air au bord d’un lac en automne !
Quelle qualité appréciez-vous le plus chez les autres ?
La bienveillance, avant tout. Le respect de la parole donnée, les valeurs, l’engagement sincère. Et puis cette capacité à garder la bonne humeur, à innover, à oser. J’aime les esprits pionniers, qui embarquent les autres avec eux.
Un défaut pour lequel vous êtes indulgent ?
Je ne pense pas que l’on puisse vraiment parler de défaut, mais j’ai une grande tolérance face à l’erreur, à condition que cette dernière ait été commise de bonne foi.
Une cause qui vous tient particulièrement à cœur ?
Apporter de la joie, tout simplement. Au fil de mon parcours professionnel, j’ai passé de nombreuses années en Asie et noué des liens forts, notamment avec des personnes originaires des Philippines. Avec mon épouse, nous soutenons aujourd’hui un village aux Philippines, où chaque jour une partie des enfants reçoit un repas.
C’est une cause qui nous tient profondément à cœur. Chaque matin, nous recevons une photo de la distribution des repas. Une image simple, mais puissante qui nous donne beaucoup d’énergie. Un rappel quotidien de l’essentiel, et une source de motivation très concrète.
Comment vous définiriez-vous ?
Quelqu’un de proche des gens. D’optimiste. J’aime travailler en équipe, créer de la cohésion, faire en sorte que chacun et chacune trouve sa place et ait envie d’avancer ensemble.
Interview
Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir à ce métier ?
Enfant, je voulais être ingénieur aéronautique, inventer et créer des avions. Puis j’ai compris que cela signifiait passer beaucoup de temps derrière un écran, de designer plutôt que de créer. J’ai alors choisi un métier où l’on rencontre des gens, où les projets sont tangibles et où l’on peut transmettre.
J’aime cette idée que, lorsque je serai grand-père, je pourrai parcourir le monde avec mes petits-enfants et leur montrer les réalisations auxquelles j’ai directement ou indirectement participé.
C’est aussi un métier d’une richesse humaine rare : le matin, sur un chantier, les échanges se font avec les ouvriers ; le soir, ils se poursuivent avec des clients internationaux. Cette capacité à être en interaction avec des personnes de tous horizons, à voir des réalités très différentes au quotidien, fait toute la singularité de ce métier.
Enfin, il y a cette dimension profondément entrepreneuriale. Chaque projet s’apparente à une start-up, à une petite PME à créer de toutes pièces : un client à accompagner, une équipe à constituer, un objet à construire, des enjeux de sécurité et de gestion à piloter, et une vision globale à maintenir.
Quel a été votre parcours professionnel ?
Je suis français et j’ai suivi ma formation en école d’ingénieur en France. Durant mes études, alors que je m'interrogeais sur la poursuite de mon parcours, le secteur du BTP est devenu une évidence : donner vie à un projet et construire du concret. J’ai immédiatement aimé travailler dans ce domaine dans lequel je continue à m’épanouir aujourd’hui.
J’ai commencé ma carrière dans le Groupe Bouygues Construction dans les travaux à l’international, en passant successivement par Budapest, Hong Kong, puis Bangkok. C’est dans la capitale thaïlandaise que j’ai pris la responsabilité d’un projet d’envergure : la construction de trois tours de 70 étages, chacune intégrant des piscines et reliées entre elles par 32 ponts… une réalisation spectaculaire !
J’ai ensuite évolué vers le poste de responsable commercial du groupe Bouygues Construction à Singapour, avant d’en devenir le directeur. En amont de cette prise de responsabilité, j’ai eu la chance d’être mandaté en Birmanie pour lancer l’activité du même groupe : une expérience professionnelle extraordinaire dans un pays alors en pleine ouverture.
Après quinze années passées en Asie, j’ai rejoint l’entité suisse du Groupe, Losinger Marazzi. J’ai d’abord exercé pendant quatre ans à Zurich, avant de m’installer en Suisse Romande. Je suis aujourd’hui directeur de l’agence de Lausanne et responsable des cantons de Vaud, du Valais et de Neuchâtel.
Quelle est votre plus belle réussite professionnelle ?
Sans hésiter, l’expérience que j’ai vécue en Birmanie. Un pays resté fermé pendant près de cinquante ans, sous junte militaire, qui s’ouvre au monde. À notre arrivée, il n’y avait pas de supply chain structurée, peu de compétences locales et de méthodes établies. Tout était à inventer, à bâtir.
Être présent à ce moment précis de l’histoire, dans un pays qui se réinvente a été une expérience absolument incroyable. Quand j’ai commencé, nous étions 5. Quand je suis parti, l’entité comptait près de 2’000 collaborateurs et collaboratrices.
Je suis convaincu que je ne revivrai jamais une telle aventure. D’un point de vue professionnel, c’est sans doute ce que j’ai accompli de plus fort.
Comment décririez-vous votre entreprise Losinger Marazzi ?
Losinger Marazzi est à la fois développeur immobilier et constructeur. Concrètement, en tant que développeur, nous identifions du foncier ou du bâti existant à redévelopper, imaginons et concevons les projets, déposons les permis de construire, obtenons les autorisations nécessaires et identifions les investisseurs qui détiendront les ouvrages une fois réalisés. Nous assurons ensuite la construction pour le compte de cet investisseur final pour lequel nous créons de la valeur sur le long terme.
En parallèle, sur l’activité de construction, nous répondons aux besoins exprimés par nos clients à travers des appels d’offres ou des démarches de gré à gré. Nous les accompagnons dans l’expression de leur besoin ou des besoins de leurs utilisateurs, puis nous nous associons avec des architectes et des équipes de mandataires pour élaborer une réponse adaptée. Lorsque l’appel d’offres est remporté, nous finalisons la conception du projet avant d’en assurer la réalisation.
Développeur immobilier et constructeur, nous créons des lieux de vie, en écho avec la signature du Groupe Bouygues Construction : « Building For Life »
Nous comptons un peu plus de 700 collaborateurs, répartis sur nos six implantations de Genève, Lausanne, Zurich, Lucerne, Bâle et Berne.
Quels sont les grands enjeux de votre métier aujourd’hui ?
Le premier enjeu est climatique. Le monde de la construction et des infrastructures est un important producteur d’émissions CO2 à la fois directes et indirectes, notamment en raison des matériaux utilisés et de l’exploitation des bâtiments tout au long de leur durée de vie. Face à cette réalité, nous avons engagé une trajectoire carbone structurée. Elle commence par un bilan des émissions carbone intrinsèques à l’entreprise, puis s’étend désormais à chacune de nos opérations. Pour chaque projet, nous évaluons le poids carbone de la construction de l’ouvrage, ainsi que celui de son exploitation sur l’ensemble de son cycle de vie. Dans notre métier, établir un devis financier fait partie des fondamentaux ; nous y ajoutons aujourd’hui un véritable « prix carbone ». Cette approche nous permet d’identifier, en interne, des leviers concrets pour réduire l’empreinte carbone, tant en phase de construction qu’en phase d’exploitation. C’est un élément fortement différenciant, que nous développons avec conviction depuis cinq à six ans. Nous estimons être en avance sur ces sujets et portons une démarche sérieuse, rigoureuse et assumée, capable d’attirer des profils désireux de s’engager concrètement sur les enjeux climatiques.
Le second enjeu est urbain : construire la ville sur la ville. Dans un contexte où les terrains constructibles se raréfient, et où il n’est plus question de s’étendre sur des terres arables, cette approche s’inscrit pleinement dans une stratégie environnementale assumée. Toute la problématique consiste à continuer de répondre à de nouveaux besoins dans un monde de plus en plus contraint. Cela implique de densifier, de transformer et de surélever le bâti existant. Concrètement, cela signifie par exemple redonner une fonction à des immeubles de bureaux en fin de vie, les transformer en logements de qualité, ou encore rénover des bâtiments existants en y ajoutant un, deux ou trois étages. Ces projets, désormais menés de façon récurrente, illustrent une nouvelle manière de bâtir la ville, où nous plaçons la qualité d’usage et la qualité de vie au centre de notre démarche.
Ces enjeux s’inscrivent dans mes projets futurs : continuer à découvrir la Suisse, à développer des projets immobiliers utiles, avec une empreinte carbone maitrisée, et continuer à prendre du plaisir au travail !
Votre lien avec la CCI France Suisse ?
Je fais partie du réseau des CCI françaises à l’international depuis une quinzaine d’années. J’ai été membre du Conseil d’administration de plusieurs CCI dans le monde, notamment à Singapour et en Birmanie, et j’ai également exercé la fonction de président de la CCI France-Birmanie. C’est un réseau que je connais bien et que j’apprécie pour sa capacité à fédérer, à accompagner et à anticiper.
Lorsque mon prédécesseur a été appelé vers d’autres responsabilités il y a un an, rejoindre le Conseil d’administration de la CCI France Suisse s’est fait très naturellement. Mon rôle porte plus particulièrement sur les sujets de gouvernance, avec pour objectif de préparer la CCIFS aux défis et aux transformations des années à venir, au service des entreprises et de leurs dirigeants.