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S’implanter des deux côtés de la frontières : les bonnes pratiques

Animée par Jori Martini (CCI France Suisse), la discussion a réuni Cyril Kharoua, Guillaume Jacquemoud, Frédéric Gorecki et Vianney Lebrun.

Le 3 septembre 2026, la table-ronde du Grand-Genève #3 a réuni experts et témoin autour d’un sujet “S’implanter des deux côtés de la frontières : les bonnes pratiques”. Animée par Jori Martini (CCI France Suisse), la discussion a réuni Cyril Kharoua (DAES), Guillaume Jacquemoud (Strobotech.ch), Frédéric Gorecki (SynergiPlus) et Vianney Lebrun (Vianney Lebrun Avocat).

Marché, clients, talents, réglementation, financement : les raisons de s’implanter de part et d’autre de la frontière franco-suisse sont multiples. Réunis lors d’une Table ronde du Grand Genève, entrepreneurs et experts ont surtout rappelé une chose : une implantation réussie commence par une stratégie claire, avant même de parler fiscalité ou statut juridique.

Qu’il s’agisse de regarder vers la Suisse ou vers la France, l’enjeu reste finalement le même : faire de la frontière non pas une simple ligne à franchir, mais un véritable levier de développement.

Une implantation commence par un projet économique, pas par le choix d’une forme juridique. Les motivations peuvent être multiples : accéder à un marché, se rapprocher de ses clients, recruter, gagner en crédibilité ou répondre à une contrainte réglementaire.

Et les motivations sont loin de se résumer à la fiscalité. Accéder à un marché, se rapprocher de ses clients, gagner en crédibilité, recruter de nouveaux talents ou répondre à une contrainte réglementaire peuvent constituer le véritable point de départ.

Si les échanges ont plus largement porté sur l’implantation d’entreprises françaises en Suisse, ils ont aussi rappelé que le mouvement s’opère dans les deux sens. Des entreprises suisses s’interrogent elles aussi sur leur développement en France, une dynamique tout aussi révélatrice de l’imbrication économique des deux territoires.

Le parcours de DAES l’illustre bien. Fondée à Genève par Cyril Kharoua, l’entreprise a dû ouvrir une filiale en France afin de continuer à accéder à certains marchés à la suite d’une évolution du cadre institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne. Une contrainte réglementaire qui s’est transformée en opportunité de développement et a nourri une réflexion plus large sur l’organisation de l’entreprise et l’accès aux talents de part et d’autre de la frontière.

D’où une première vigilance : ne pas commencer par la structure, mais par le projet économique. Pour quels clients ? Avec quelles équipes ? Où seront réalisées les prestations ? Comment circuleront les flux ? Quels moyens financiers seront nécessaires ? SARL, raison individuelle, filiale ou autre forme d’établissement viennent ensuite répondre à cette stratégie, et non l’inverse.

Les témoignages ont également remis au premier plan une dimension moins facilement modélisable : l’intégration dans l’écosystème local. Guillaume Jacquemoud a insisté sur la nécessité, en Suisse, de construire sa crédibilité, de comprendre les réseaux et d’acquérir une forme de « swissness ». L’implantation se joue autant dans les relations que dans les statuts.

Fiscalité, protection sociale, financement ou organisation des fonctions support restent évidemment déterminants. Frédéric Gorecki a notamment rappelé l’importance d’un business plan solide, de fonds propres permettant d’absorber plusieurs années de développement (il parle de deux à trois ans) et d’une analyse fine du statut social du dirigeant. Vianney Lebrun a, lui, souligné combien les pratiques administratives, juridiques et même le rapport au risque diffèrent d’un pays à l’autre.

Au fond, les échanges ont surtout montré qu’une implantation transfrontalière ne constitue pas une extension mécanique d’une activité existante. Elle oblige à réinterroger son modèle, ses priorités et souvent jusqu’à sa manière de faire des affaires.

Dans un territoire où franchir la frontière fait partie du quotidien, c’est sans doute là que réside le paradoxe : la proximité facilite le mouvement, mais elle ne dispense jamais de (re)penser le projet.

 

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Cet événement est organisé en collaboration avec le Pôle métropolitain du Genevois français, l'Office cantonal de l'économie et de l'innovation (OCEI) de la République et Canton de Genève , la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG) et Pays de Gex agglo dans le cadre des travaux du Grand Genève.

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