Analyses & Etudes

Industry 5.0 Survival Playbook : ThinkAct Session Industry x.0 – The Future of Manufacturing

Restitution collective de quatre ateliers parallèles sur le PLM, l'AI, Supply Chain et Next Gen Human Capital

PLM Data Backbone, animé par ZHAW, Bobst, Capgemini et l'Albert School, a posé une question que beaucoup évitent : où vit réellement la donnée produit dans votre organisation ? Réponse inconfortable : dans des silos, des tableurs, et des habitudes héritées des années 2000. Or le PLM n'est pas un outil d'ingénierie parmi d'autres, c'est la colonne vertébrale de toute transformation industrielle digne de ce nom. Avec un marché mondial de 80 milliards de dollars en 2024 et une obligation réglementaire qui se profile dès février 2027 (Passeport numérique produit européen), la mise à jour n'est plus optionnelle. La synthèse du workshop est sans ambiguïté : le problème n'est pas technologique, c'est un problème de sémantique, de gouvernance de la donnée et de décision. PLM, ERP, MES sont tous des investissements CapEx dont le ROI tarde à se matérialiser, faute de décideurs prêts à trancher.

AI Agents, Humanoids & Cobotics, porté par Swiss Smart Factory, Michelin et l'Albert School, a ouvert avec une statistique qui claque : 80 % des industriels n'ont pas encore passé le cap du pilote. Pas par manque d'ambition. Par manque de fondations. Convergence OT/IT, qualité de la donnée, gouvernance des décisions autonomes : trois chantiers structurels que la technologie ne peut pas résoudre seule. Le cas BMW × Figure AI a illustré le seul chemin crédible, automatiser une tâche, prouver l'économie, puis étendre. L'inverse, comme Adidas l'a appris à 100 millions de dollars, ne pardonne pas. Les engagements collectifs pris en salle sont clairs : travailler l'adoption et le change management, nettoyer la donnée avant de déployer quoi que ce soit, et identifier des cas d'usage à ROI démontrable, logistique, qualité, maintenance prédictive. Vigilance absolue sur deux risques : la dépendance aux plateformes robotiques et la cybersécurité.

Supply Chain Resilience 2030, avec Michelin, Safran et l'Albert School, a repositionné la supply chain là où elle mérite d'être : à la table de direction, et non dans les sous-sols de la gestion des risques. Trois bascules stratégiques ont guidé les échanges : de la résilience à l'intégration bout-en-bout, de l'optimisation à la souveraineté des approvisionnements, et d'une fonction support à un véritable levier de croissance. Dans un monde où trois pays concentrent 30 % des exports mondiaux, diversifier n'est plus un luxe, c'est une précondition de survie industrielle. Les participants ont acté plusieurs engagements concrets : double sourcing sur les intrants critiques, traçabilité renforcée des fournisseurs, intégration de la résilience dès la conception produit, et promotion active d'une vision « European First ». Le risque qui concentre le plus d'inquiétudes ? La pression combinée de la Chine et des États-Unis sur les marchés cibles, dans un cadre réglementaire européen encore instable.

NextGen Human Capital, co-animé par Capgemini et l'Albert School, a posé la question qui dérange le plus, parce qu'elle ne porte pas sur les machines : que fait-on des humains quand l'IA prend en charge la moitié du travail cognitif ? La conviction qui a émergé est tranchante : dans un monde où tous les acteurs accèdent aux mêmes agents IA, l'avantage concurrentiel viendra de l'empathie, de la communication et des soft skills, pas des licences. Le workshop a également posé un principe de gouvernance souvent esquivé : il faut décider explicitement où vont les gains de productivité générés par l'IA, vers les salariés, l'employeur, ou les deux. Sans cette clarté, l'adoption restera fragile. Risque majeur identifié : une sur-standardisation technologique qui, paradoxalement, efface toute différenciation compétitive.

Quatre workshops, quatre angles différents, une même conviction : l'industrie France-Suisse a les ressources pour traverser cette transformation. Ce qu'elle doit encore construire, c'est la discipline pour ne pas la rater.

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